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18 septembre 2026

BULLETIN INTERNE DE L'INSTITUT PASTEUR

Institut Pasteur
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International

Mini-sabbatique à San Francisco : quand deux mois changent l'échelle d'un projet

Raphaël Laurenceau*, chargé de recherche dans l'unité de David Bikard, vient de rentrer de mini-sabbatique de deux mois au Gladstone Institutes, affilié à UCSF. Parti avec un projet bien défini, il en revient avec trois pistes scientifiques prometteuses, des contacts inédits et une collaboration renforcée. L'occasion de revenir sur l’apport du dispositif de la direction des affaires Internationales (DAI)** à un chercheur et à son équipe.

Le mini-sabbatique : un passage à la vitesse supérieure

Le mini-sabbatique n'est pas un départ à l'aventure. C'est un dispositif conçu par la DAI pour transformer une collaboration existante avec UCSF - souvent cantonné aux échanges numériques - en véritable accélérateur scientifique. Le principe : offrir à un chercheur du campus deux à trois mois d'immersion à UCSF, pour faire avancer des projets que la distance ralentit inévitablement.

Raphaël avait déjà collaboré avec le laboratoire de Seth Shipman, au Gladstone Institutes de San Francisco, sur une publication dans Nature Biotechnology, autour d'un objet de recherche commun : les DGR, ou diversity generating retro-elements - des mécanismes naturels, présents chez certains virus de bactéries, que les chercheurs apprennent à détourner pour en faire des outils de mutagénèse ciblée, avec des applications potentielles en biotechnologie.  

 

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« Grâce à la vitesse d’exécution, je ne m'attendais pas à faire autant, à vrai dire. »

 

 


En arrivant au Gladstone Institutes, Raphaël s'est fixé deux objectifs principaux : (i) augmenter l'efficacité de son système de mutagénèse, et (ii) tester sa compatibilité avec d'autres espèces bactériennes que celles habituellement utilisées au laboratoire. Les deux ont donné des résultats encourageants - préliminaires, mais suffisamment solides pour ouvrir de vraies pistes à poursuivre à Paris.

Grâce à l'immersion dans l’équipe d’accueil, un troisième projet a émergé : le développement d'une plateforme d'évolution dirigée, une technique qui consiste à reproduire et accélérer en laboratoire, de façon contrôlée, le processus naturel d'évolution des protéines.

Au-delà d’une vraie dynamique collaborative dès les premiers jours, l'un des temps forts du séjour a été la présentation d'un séminaire à ses pairs américains au Gladstone Institutes. 

Les retombées ont été concrètes : des contacts nouveaux, des échanges avec des chercheurs du domaine qu'il ne croise jamais en Europe. Le mini-sabbatique crée cette opportunité que les formats classiques ne permettent tout simplement pas.

Les plus-values du dispositif mini-sabbatique UCSF de la DAI

Les résultats restent préliminaires, mais les perspectives sont réelles. Le travail sur la mutagénèse et l'extension à d'autres espèces bactériennes se poursuivra à l'Institut Pasteur.

Côté évolution dirigée, si le laboratoire de Seth Shipman se lance en parallèle sur ses propres rétroéléments, une publication commune est clairement sur la table : deux équipes, deux systèmes distincts, une même approche méthodologique - un scénario idéal pour une collaboration scientifique structurée.

La communication entre les deux équipes se poursuit, et le mini-sabbatique aura au moins accompli l'essentiel : transformer une collaboration prometteuse en quelque chose de vivant, de concret, et de durable.

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« L'outil peut être très utile, que vous soyez post-doc, chargé de recherche ou chef de labo - tant qu'il y a une vraie raison d'y aller. »

 

 

Le conseil de Raphaël à un futur candidat

Le format libre du mini-sabbatique est un vrai atout. Deux mois, c'est une durée qui fonctionne bien : suffisamment long pour produire des résultats tangibles, assez court pour ne pas décrocher complètement du quotidien parisien. La vraie condition de réussite ? Choisir un laboratoire de UCSF et/ou des instituts affiliés dont les techniques résonnent avec les vôtres pour faciliter l’intégration et se concentrer immédiatement sur le fond scientifique. 


*Raphaël Laurenceau est chargé de recherche CNRS à l’Institut Pasteur, dans l’unité de Biologie Synthétique dirigée par David Bikard. Il est microbiologiste, spécialisé sur la biologie des phages. Son mini-sabbatique s'est déroulé au Gladstone Institute de San Francisco, dans le laboratoire du Dr Seth Shipman, de mi-mai à mi-juillet 2026. Ce séjour a été rendu possible grâce au dispositif mini-sabbatique/UCSF de la Direction des Affaires Internationales de l'Institut Pasteur.

**Pour en savoir plus sur le dispositif mini-sabbatique en lien avec UCSF et/ou ses instituts affiliés, retrouvez d’autres exemples (lire l'article du 20 mars 2025) et les opportunités ouvertes aux chercheurs du campus, contactez le pôle géographique de la DAI (geo_di@pasteur.fr).

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