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Prix Lounsbery, Léon Velluz, Antoine Lacassagne, Ágnes Ullmann, jeunes chercheurs de l’Institut Pasteur, appels à projets de la Fondation Bristol Myers Squibb et de l'ANR « jeunes chercheuses - jeunes chercheurs » : des Pasteuriens à l’honneur
David Bikard, lauréat du prix Lounsbery de l’Académie des sciences
Le prix Richard Lounsbery, créé en 1979 par Vera Lounsbery en mémoire de son mari, reçoit le soutien de la Fondation Lounsbery à Washington. Il est décerné par l’Académie des sciences française et l’Académie nationale des sciences américaine (la NAS) et récompense par 100 000 dollars (dont 25 000 dollars pour la prise en charge d’un ou plusieurs séjours de coopération scientifique) un chercheur âgé de moins de 45 ans français ou américain pour ses réalisations en biologie ou en médecine. Le prix est donné une année sur deux à un chercheur français ou américain.

Mathieu Baumer
Cette année, David Bikard, responsable de l’unité Biologie de synthèse, est lauréat du prix Lounsbery pour son étude des interactions entre les bactéries et les bactériophages, des virus capables d’infecter et de détruire les bactéries. Il s’intéresse notamment aux mécanismes de défense que les bactéries ont développés pour leur résister, parmi lesquels les systèmes moléculaires CRISPR-Cas. Il utilise ces systèmes comme outils d’ingénierie génétique pour explorer le fonctionnement des bactéries du microbiote et développer de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées.
Laurence Mulard, lauréate du prix Léon Velluz de l’Académie des sciences
Prix biennal de 10 000 euros, créé en 1986, le prix Léon Velluz est décerné en 2026, sans aucune considération d’âge, de position ou de nationalité, à l’auteur d’une découverte de chimie ou de biochimie organiques intéressant la thérapeutique humaine.

Mathieu Baumer
En 2026, Laurence Mulard, responsable de l’unité Chimie des biomolécules, est lauréate du prix Léon Velluz pour ses travaux de recherche sur les sucres microbiens et leurs applications à des fins vaccinales, thérapeutiques ou de diagnostic. Combinant approches moléculaires et recherche translationnelle, dont des essais en phase clinique, ses travaux les plus avancés portent sur le développement de candidats-vaccins originaux, fondés sur l’emploi de sucres de synthèse, contre les infections diarrhéiques causées par les bactéries du genre Shigella. Plus généralement, ses recherches contribuent à ouvrir de nouvelles voies pour la prévention et le traitement des infections d’origine bactérienne.
Sigolène Meilhac, lauréate du prix Antoine Lacassagne
Le prix Antoine Lacassagne a été établi en 1977 par le Collège de France afin de récompenser les travaux et d’encourager la carrière de jeunes chercheurs en biologie, français et étrangers.
Sa création a été permise grâce au don fait par Antoine Lacassagne, titulaire de la chaire Médecine expérimentale du Collège de France de 1951 à 1954, du montant du prix décerné par l’Organisation des Nations unies pour ses travaux sur le cancer.
Le prix s’accompagne d’une invitation pour le lauréat à venir communiquer ses recherches lors d’un séminaire au Collège de France, qui coïncide traditionnellement avec la tenue de la Journée François Jacob organisée à chaque rentrée académique par l’Institut de biologie. Le lauréat reçoit une récompense de 6 000 euros et une médaille de bronze du Collège de France.
Le prix est attribué lors de l’assemblée du Collège de France de juin, sur proposition des professeurs de biologie.
Cette année, Sigolène Meilhac, responsable de l'unité Morphogenèse du coeur, est lauréate du prix Antoine Lacassagne 2026, pour ses travaux sur les mécanismes de l’asymétrie droite-gauche du cœur essentiel à la mise en place de la double circulation sanguine.
Développant de nouvelles méthodes permettant de quantifier et de modéliser la structure du cœur ou permettant de détecter les asymétries moléculaires de l’embryon, ses travaux ont redéfini le concept d’émergence de la latéralité droite gauche dans l’embryon. Ils révèlent l’origine développementale de maladies telles que l’hétérotaxie et le situs inversus et ont conduit à l’identification de nouveaux gènes impliqués dans des malformations cardiaques rares.
En savoir plus sur la cérémonie du 4 novembre 2026
En savoir plus sur le prix Antoine Lacassagne
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Cassandra Koh et Timothée Bruel, lauréats du prix Ágnes Ullmann 2026
Suivant les dispositions souhaitées par Ágnes Ullmann, scientifique pasteurienne de renom disparue en 2019, un prix portant son nom a été mis en place pour récompenser les travaux de jeunes scientifiques en biologie moléculaire ou en microbiologie.
L'objectif du prix Ágnes Ullmann vise ainsi à encourager de jeunes chercheurs en début de carrière. Il est décerné à deux scientifiques (une femme et un homme) pour leur contribution exceptionnelle à la recherche en sciences de la vie, effectuée dans un laboratoire de l'Institut Pasteur.
Les deux lauréats pour l’édition 2026 sont :
- Cassandra Koh, chercheuse dans l'unité Virus et interférence ARN, dirigée par Carla Saleh.
« Au-delà des virus connus présentant un danger pour la santé publique, tels que le chikungunya ou la dengue, les moustiques sont également porteurs de centaines d’autres virus récemment découverts. Nous commençons tout juste à étudier comment ces communautés virales complexes influencent la capacité d’un moustique à transmettre des maladies.
En collaboration avec des membres du Pasteur Network, j’étudie ces communautés virales méconnues afin de mieux comprendre comment un moustique s’en accommode et pourquoi seuls certains virus qu’il porte sont transmis à l’homme.
Biologiste vectorielle et virologue, je pilote un projet de recherche interdisciplinaire visant à comprendre les relations évolutives entre les moustiques et leurs virus. Cela aide à anticiper les menaces actuelles et futures liées aux maladies transmises par les moustiques compte tenu des enjeux climatiques. »
Timothée Bruel, responsable du groupe Activités antivirales des anticorps au sein de l’unité Virus et immunité dirigée par Olivier Schwartz.
« Mes travaux cherchent à comprendre comment les anticorps bloquent les virus, et comment ces virus leur échappent. En étudiant le VIH-1 puis le SARS-CoV-2, nous avons montré que les anticorps ne font pas que neutraliser les virus : ils marquent aussi les cellules infectées et les particules virales pour les faire éliminer, et mobilisent d'autres acteurs de l'immunité, comme le complément. Ces résultats ouvrent la voie à des vaccins et à des traitements par anticorps plus efficaces et plus durables face à l'évolution des virus. »
Hugo Veysset et Nuria Ros i Rocher, lauréats du Prix jeunes chercheurs de l’Institut Pasteur 2026
Depuis 2018, l’Institut Pasteur a mis en place le « prix jeunes chercheurs de l’Institut Pasteur ». Cette distinction a été instituée à l’occasion de la célébration des 130 ans de l’Institut Pasteur pour récompenser un étudiant ou une étudiante en thèse et un post-doctorant ou une post-doctorante, en tant que premier auteur ou première auteure d’un article de recherche de haut niveau.
En 2026, les lauréats sont :
- Hugo Veysset, étudiant en thèse dans le groupe à 5 ans Diversité moléculaire des microbes, dirigé par Aude Bernheim.
« Durant ma thèse en génomique évolutive effectuée au sein du laboratoire d’Aude Bernheim, j’ai étudié comment certains mécanismes de l’immunité innée des animaux, dont l’humain, sont apparentés à des mécanismes de défense que les bactéries utilisent contre leurs propres virus, les bactériophages. Mes travaux ont notamment permis de découvrir un gène humain, cousin d’une famille de gènes immunitaires bactériens. En collaboration avec une équipe de l’Institut Curie, nous avons pu démontrer que ce gène contribue lui aussi à des voies clefs de l’immunité innée chez l’humain. Ce domaine de recherche émergent, appelé « immunité ancestrale », renouvelle notre compréhension de l’évolution du système immunitaire et ouvre la voie à de nouvelles thérapies, par exemple dans le cas de maladies auto-immunes comme le lupus. »
- Nuria Ros i Rocher, postdoctorante au sein de l’unité Biologie cellulaire évolutive et évolution de la morphogenèse, dirigée par Thibaut Brunet.
« La multicellularité (la capacité des cellules à vivre et à coopérer ensemble) est apparue indépendamment à plusieurs reprises au cours de l'évolution. Dans cette étude, nous montrons que le choanoflagellé Choanoeca flexa, un proche parent microscopique des animaux, peut former des colonies multicellulaires de deux manières : par division cellulaire et par agrégation de cellules indépendantes, en combinant même ces deux stratégies. Nous explorons comment cet organisme s'adapte à son environnement naturel, sur l'île de Curaçao, dans les Caraïbes : de petites mares côtières temporaires, alimentées par les vagues et la pluie, où l'évaporation peut rapidement augmenter la salinité et modifier les conditions environnementales. Ces fluctuations influencent la manière dont les cellules s'assemblent et passent d'un mode de vie unicellulaire à un mode de vie multicellulaire. Nos résultats révèlent une stratégie remarquablement flexible pour construire des formes de vie multicellulaires et ouvrent de nouvelles perspectives sur les différentes voies évolutives ayant pu conduire à la multicellularité chez les animaux. »
Marion Guérin, lauréate du 15e appel à projet de la Fondation Bristol Myers Squibb
La Fondation Bristol Myers Squibb (BMS) attribue, chaque année, un don à plusieurs chercheurs afin de soutenir et faciliter leur travail dans le domaine de l’immuno-oncologie. Elle soutient 4 axes de recherche à travers ses appels à projets : la recherche fondamentale, la recherche clinique et translationnelle, la recherche onco-pédiatrie et la recherche « santé publique & organisation de soins ».
Cette année, la fondation BMS a nommé six lauréats pour l’appel à projet « Recherche fondamentale » parmi lesquels figurent Marion Guérin, chercheuse dans l’unité Dynamique des réponses immunes, sélectionnée pour son projet intitulé « Conception d’une immunocytokine ciblant les ganglions lymphatiques drainants pour potentialiser l’efficacité des inhibiteurs de PD-1 », qui explore une nouvelle stratégie pour renforcer l’efficacité de l’immunothérapie anticancéreuse.
L’appel à projets porte sur des projets d’une durée maximum de 2 ans qui participent au développement des connaissances en immuno-oncologie et/ou à l’amélioration de la prise en charge des patients traités par de l’immunothérapie.
En savoir plus sur le projet de Marion Guérin
Découvrir l’interview de Marion Guérin
Sept Pasteuriennes et Pasteuriens lauréat(e)s de l’appel à projets ANR « jeunes chercheuses et jeunes chercheurs » 2026
Créé en 2006, le programme « jeunes chercheuses et jeunes chercheurs » de l’Agence nationale de la recherche (ANR) a pour but de soutenir les projets des jeunes chercheurs ou enseignants-chercheurs de façon à favoriser leur prise de responsabilité, leur permettre de développer de façon autonome une thématique propre et leur donner la possibilité d'exprimer rapidement leur capacité d'innovation.
En 2026, sept jeunes scientifiques de l’Institut Pasteur ont obtenu le financement de leur projet de recherche :
Keith Doelling, responsable du groupe à 5 ans Perception Humaine et Artificielle, pour le projet MusicSPARK (Musical Surprise Prediction And Reward drives Knowledge building) - Les prédictions et le plaisir musical, liés par une motivation interne à apprendre.
Ignacio Fernandez, chercheur dans l’unité Virologie structurale, dirigée par Félix Rey, pour le projet FUSIONARA (Structural studies on the fusion protein from an endogenous retrovirus involved in aging and cancer) - Études structurelles sur la protéine de fusion d'un rétrovirus endogène impliqué dans le vieillissement et le cancer.
Claire Morvan, maitre de conférences dans le laboratoire Pathogenèse des bactéries anaérobies, dirigée par Bruno Dupuy, pour le projet FAcile (Impact of gut Fatty Acids on Clostridioides difficile life cycle) - Impact des acides gras intestinaux sur le cycle de vie de Clostridioides difficile.
Ottavia Romoli, chercheuse dans l’unité Virus et interférence ARN, dirigée par Carla Saleh, pour le projet TIRAMISU (Towards understanding the InteRActions between the MosquIto, itS microbiota and arbovirUses) - Vers une compréhension des interactions entre le moustique, son microbiote et les arbovirus.
Jacques Serizay, chercheur dans l’unité Régulation spatiale des génomes, dirigée par Romain Koszul, pour le projet CHROMMOD (Multi-modal modeling of chromatin organization in microeukaryotes) - Modélisation multi-omique de l'organisation de la chromatine dans les micro-eukaryotes.
Aimee Taylor, chercheuse dans l’unité Épidémiologie et analyse des maladies infectieuses, dirigée par Michael White, pour le projet UniGEM (Unified Inference for Genomic Epidemiology of Malaria) - Inférence unifiée pour l'épidémiologie génomique du paludisme.
Camila Valenzuela Montenegro, chercheuse dans l’unité Dynamique des interactions hôte-pathogène, dirigée par Jost Enninga, pour le projet iNTSideCells (Intracellular lifestyles of invasive non-typhoidal Salmonella (iNTS) in epithelial cells) - Modes de vie intracellulaires des Salmonella non typhiques invasives (iNTS) dans les cellules épithéliales.
Pour en savoir plus sur les opportunités de financement disponibles pour vos projets de recherche, contactez le Grants office : gonational@pasteur.fr














