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November 06, 2026

Internal newsletter of the Institut Pasteur

Institut Pasteur
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Orbituary

Passing of François Rougeon

It is with great sadness that the Institut Pasteur management team shares the passing of François Rougeon, Head of the Developmental Genetics and Biochemistry Unit from 1981 to 2008 and Director of Research and Education from 1988 to 1999, on October 16.

François Rougeon was born in Paris on August 6, 1942. An alumnus of the École normale supérieure, he earned a PhD in Biochemistry at Paris VII University in 1974 based on his research in Professor François Chapeville's laboratory at the Institut Jacques Monod. He then completed a postdoctoral fellowship at the University of Geneva from 1975 to 1977 in Professor Bernard Mach's laboratory. François Rougeon joined the Institut Pasteur in 1978 as a CNRS research associate to develop a research team in the Genetic Engineering Unit established by Jacques Monod. In 1981, he took over as Head of the Developmental Genetics and Biochemistry Unit, leading the unit until his retirement in 2008. After his appointment as a Professor at the Institut Pasteur in 1987, he became a Distinguished Professor in 2000.

François Rougeon's research gave rise to major advances in molecular biology and immunology. In the 1970s, his work on the enzymatic properties of avian DNA polymerases and avian myeloblastosis virus reverse transcriptase, together with research by Philippe Kourilsky and Bernard Mach, led to the development of methods for the in vitro synthesis of complementary DNA (cDNA) based on messenger RNA and the cloning of these sequences in plasmid vectors. This groundbreaking research opened up new prospects for studying and cloning eukaryotic genes. François Rougeon's research also improved basic knowledge of the molecular mechanisms underpinning antibody diversity. It shed new light on the way in which the mechanisms that shape and stabilize eukaryotic genomes are activated during B cell differentiation to produce virtually unlimited antibody diversity. His work improved our understanding of essential processes such as V(D)J recombination, somatic hypermutation and double-strand DNA break repair. It also paved the way for the development of single-domain antibodies, or nanobodies. Over the course of his career, his research resulted in more than 140 scientific papers in international peer-reviewed journals and nine patents.

As well as his scientific contributions, François Rougeon played an important part in the life of the Institut Pasteur. He served on the Scientific Council from 1985 to 1986, then became Director of Research and Education from 1988 to 1999 during Maxime Schwartz's tenure as President. He was also an elected member of the grading committee for scientific staff from 2001 to 2003. From 2001 onwards, he worked with Gérard Buttin to draft the founding documents of the Ethics Review and Conciliation Committee (CVDC), going on to chair the committee until 2018. He also played a key role in the establishment of the Scientific Information Center (CIS), developing the plans for the library and the scientific computing department. François Rougeon sat on the scientific boards of several national and international institutions, including the National Agency for Research on HIV/AIDS (ANRS), the École normale supérieure and the Louis-Jeantet Foundation.

His research and career were recognized with several honors, including the Jaffé Prize from the French Academy of Sciences. He became a member of the European Molecular Biology Organization (EMBO) in 1980, was elected as a Corresponding Member of the French Academy of Sciences in 1987 and was a Chevalier of the Legion of Honor.

François Rougeon was always ready to lend a listening ear to scientists and was greatly appreciated for his availability and helpful advice. He was incisive and never shied away from expressing his views. His integrity, extensive scientific knowledge and dry wit made him a widely respected scientific figure. He was deeply attached to the Institut Pasteur and held an uncompromising view of scientific research rooted in intellectual courage and independent thought. He once shared his view of what being a Pasteurian meant to him: "Being a Pasteurian is, or should be, a sort of intellectual courage, a boldness to venture into unknown territory..."

The management team and staff of the Institut Pasteur would like to express their heartfelt condolences to his family. His funeral took place on October 22.
 

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For many, François Rougeon was so much more than a brilliant scientist. He was a trusted colleague, always willing to offer support, and his free spirit, humor and presence will leave a lasting legacy.

 

Tributes (coming soon in English)


Patrick Trieu-Cuot, Vice-President Scientific Affairs

« L’Institut Pasteur perd une de ses plus belles figures. Mais François nous laisse plus qu'une œuvre : une manière d'être. Une exigence, une loyauté, une liberté d'esprit qui, tant que l'institut vivra, continueront de parler de lui. C'est à nous, désormais, d'en être dignes.
François, au nom de tous les pasteuriens : merci pour la science, merci pour la maison, merci pour tout ce que tu as été pour chacun de nous. »

Lire le discours prononcé au nom de la direction de l'Institut Pasteur, lors des funérailles


Maxime Schwartz, former President of the Institut Pasteur

« Cher François,
Cela me fait bien de la peine que tu nous aies quittés. C’est surement le cas, également, pour tous ceux qui sont venus te saluer aujourd’hui.
J’ai fait ta connaissance lorsque tu as créé une équipe de recherche au sein de l’Unité de Génie Génétique qui venait d’être créée par Jacques Monod. Auparavant, lors d’un séjour à Genève, en 1975, avec Philippe Kourilsky, tu avais réalisé une grande première : le clonage d’un ADN complémentaire. Ce fut une étape majeure dans le développement de la Biologie moléculaire.
Cependant, c’est vraiment à partir de 1988 que j’ai appris à te connaître, lorsque j’ai pris mes fonctions de Directeur général de l’Institut Pasteur, et que je t’ai choisi comme Directeur de la Recherche et de l’Enseignement. Un poste de grande importance, qui te plaçait en deuxième position dans la hiérarchie de la direction. »

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Robert Weil, Sorbonne Université

« Au-delà des réalisations professionnelles exceptionnelles de François, c’est avant tout un hommage personnel que j’aimerais lui rendre.
Mon amitié avec François date d’il y a environ 30 ans. Il avait été rapporteur de mon dossier à l’institut pasteur et quelques années plus tard il m’a appelé pour m’inviter à diner : “j’organise un diner avec quelques amis et j’aimerais que vous en fassiez parti“. 
Il m’avait choisi comme ami et je me sentais très honoré par cette amitié. »

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Hafida Fsihi, Head of Scientific and Honorary Awards and Distinctions Division (DCES)

« François, c'est d'abord ce regard bleu-gris qui vous sonde. C'est aussi peu de paroles, une réserve, une attente. Puis, comprenant combien sa présence peut intimider son interlocuteur, l'homme s'anime, devient chaleureux et cherche à vous mettre à l'aise.
J'ai connu François lorsqu'il était directeur scientifique de l'Institut Pasteur et que moi, jeune postdoctorante, je candidatais à un poste d'assistante de recherche. Quelques années plus tard, à mon retour d'un séjour scientifique à l'Institut Curie, il m’a invitée à donner un séminaire dans son laboratoire. Il s’est montré fasciné par les approches d’imagerie cellulaire que j’y avais développées. J'ai ensuite rejoint son laboratoire pour travailler sur la réparation des cassures double-brin de l'ADN. »

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Armelle Phalipon, visiting scientist at the Institut Pasteur, co-director of Vaccinology MOOC

« Au début des années 2000, François m'a sollicitée pour être membre du Comité de Veille Déontologique et Conciliation (CVDC), nouvellement créé. Pendant près de 20 ans, nous avons œuvré avec l'ensemble des membres de ce comité pour résoudre de nombreux conflits plus ou moins complexes. Lorsque notre mandat s'est achevé, nous avons gardé l'habitude de nous rencontrer régulièrement. Lors de nos entrevues, François avait toujours grand plaisir à initier des discussions scientifiques stimulantes. Son érudition, sa curiosité, ses questionnements scientifiques incessants, son sens critique m'impressionnaient. Il me suggérait des ouvrages qu'il venait de lire :  sciences sociales, philosophie des sciences, illusion du progrès technologique à tout prix et bien d'autres sujets qui le passionnaient.  Il aimait aussi partager ses souvenirs pasteuriens. Je lui disais qu'il lui fallait écrire ses mémoires, mais c'était un homme d'une grande discrétion et son humour "pince-sans-rire" n'était partagé que dans un cercle restreint. Lors de notre dernier déjeuner début octobre, François m'a exprimé son immense fatigue, mais il était souriant et serein. Son petit signe de la main au travers de la vitre alors que je partais m'avait profondément émue, un pressentiment peut-être... »


Isabelle Rosinski-Chupin, researcher in the Ecology and Evolution of Antibiotics Resistance Unit

« Il m’a été donné de côtoyer François Rougeon pendant 17 ans, d’abord comme thésarde sous sa direction, puis comme chercheuse dans son équipe. C’était l’époque de l’essor de la biologie moléculaire chez les eucaryotes, facilitée par le clonage des ADNc, technique à laquelle il avait apporté une contribution essentielle. Une partie de l’unité travaillait alors sur les mécanismes à l’origine de la diversité des anticorps dans les lymphocytes. François pratiquait une recherche guidée par la curiosité : il était à l’origine, avec Pierre Corvol, du premier clonage du gène de la rénine, une enzyme essentielle impliquée dans la régulation de la pression artérielle. Cela l’avait amené à s’intéresser à une « bizarrerie » biologique : la synthèse de cette protéine ainsi que de nombreux facteurs de croissance dans les glandes salivaires de la souris mâle. Il avait donc développé un deuxième axe de recherche dans son laboratoire afin d’en questionner la signification biologique. »

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Marc Delarue, Head of the Architecture and Dynamics of Biological Macromolecules Unit

« C’est avec la plus grande tristesse que j’ai appris le décès de François Rougeon.
Je fais partie des quelques personnes à Pasteur qu’il a soutenues et aidées à démarrer une équipe de recherche sur des sujets qui lui tenaient à cœur, et qui continuent encore aujourd’hui à produire des résultats nouveaux.
Après avoir apporté à son arrivée à Pasteur sa maitrise d’outils tels que les transcriptases inverses pour cloner un gène, il a propulsé Pasteur dans l’ère du génie génétique. » 

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Benoit Arcangioli, Head of Dynamics of the Genome Unit

« Poussé par des amis et avec beaucoup d’émotion je suis allé au Père-Lachaise pour te saluer et présenter mes/nos condoléances à ta famille. Cette dernière réunion était intime, simple, sans foule, à ton image. Beaucoup a été écrit sur ton, impact, rôle et implication en science et pour l’Institut Pasteur. Personnellement j’ai apprécié les parties de tennis et les discussions sans brides ni concessions puis plus tard les gueuletons entre amis jusqu’à pas d’heures. Cela pour dire qu’en dehors du sérieux de tes responsabilités, tu aimais partager, échanger, t’amuser sans compter, toujours pas rassasié tu trouvais encore le temps de lire journaux, articles et livres et de te perfectionner en espéranto. 
Chapeau bas. »


Noël Tordo, Director of the Institut Pasteur of Guinea

« François a été ma porte d’entrée à l’IP.  Début 1982, dans la perspective du Centenaire de la première vaccination de Joseph Meister par Louis Pasteur (1985) l’institut cherche à élucider la séquence complète du virus rabique. Nous sommes à l’aurore du séquençage, Maxam, Gilbert et Sanger n’ont que quelques années… Depuis un an nous nous évertuons sans succès à Strasbourg à cloner par shotgun. On nous suggère d’aller demander conseil à l'Institut Pasteur à un des pères de la transcription inverse : courte rencontre un peu froide avec François Rougeon, économie de mots : « Vous venez de chez Ebel/Dirheimer à l’IBMC de Strasbourg ? Vous savez marquer et séquencer les tRNAs ? Faite la même chose avec l’extrémité 3’ du virus rabique, nous allons faire un clonage ciblé et marcher sur le génome. ». Synthétique et rationnel, François aimait qu’on le soit aussi : 2 mois plus tard, les 18 premiers nucléotides 3’ de l’ARN rabique sont élucidés. Leur copie va être la première amorce synthétisée par l’unité de Chimie de l’IP. Plusieurs semaines de travail… « Que fait Oligolen ? » répétait François, révélant que son armure parfois rigide savait se fissurer pour découvrir un redoutable sens de l‘humour. »

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